Thierry Santa :  » l’école, c’est le fondement civique de toute société »

Thierry Santa, le président du Congrès, a participé jeudi dernier au colloque sur le système éducatif calédonien à l’heure du destin commun à l’université de NC. Voici l’intégalité du discours qu’il a prononcé à cette occasion :

Je souhaite d’abord saluer l’initiative menée par le Laboratoire interdisciplinaire de recherche en éducation, et plus particulièrement, par les dix-neuf membres du Comité d’Organisation du colloque international consacré au « système éducatif calédonien à l’heure du destin commun ».
Après la maîtrise de son enseignement primaire et le vote, par le Congrès, du Socle Commun des Connaissances et des Compétences, après le transfert de l’enseignement secondaire public et privé, de l’enseignement primaire privé et de la santé scolaire réalisé, il faut le souligner, sans le moindre accroc en janvier 2012, il était en effet intéressant d’ouvrir le vaste chantier d’un système éducatif calédonien.
En effet, grâce à notre statut particulier au sein de la République, l’Etat, par une dotation annuelle proche de 100 milliards FCFP, nous permet de pérenniser un ensemble éducatif de qualité, tout en nous confiant la responsabilité de notre système éducatif.
La Nouvelle-Calédonie est assurément une collectivité en pleine construction. Héritiers des accords de Matignon tout d’abord puis de Nouméa ensuite, nous avons en responsabilité l’exercice de compétences de plus en plus nombreuses. Parmi celles-ci, l’enseignement est pour moi une compétence majeure, particulière, à part, ont l’enjeu est fondamental qu’elle représente.
En effet, l’école, c’est le fondement civique de toute société. Chacun d’entre nous est passé par l’école et tous les enfants de la Nouvelle-Calédonie, quelques soient leurs origines géographiques, sociales, culturelles ou
communautaires se côtoient en son sein. C’est à l’école que se fait l’apprentissage du vivre ensemble et la mise en place de la communauté de destin apaisée à laquelle l’Accord de Nouméa nous appelle. Il nous faut donc concentrer tous nos efforts pour que l’école assure une cohésion sociale et permette à chaque jeune de s’insérer professionnellement et socialement, car c’est bien l’objectif final à atteindre.
Pour cela, il me semble que tous les acteurs du système éducatif ont leur mot à dire car vous êtes les principaux interlocuteurs, ceux qui s’investissent et font vivre ce système éducatif cher à nos cœurs. C’est vous qui, au quotidien, mettez en œuvre les conditions de la réussite de la jeunesse de notre pays. Or cette jeunesse, c’est évidemment notre principale richesse. Ce sont ces jeunes qui porteront la société calédonienne de demain avec les grands défis qu’ils devront relever. Ce sont ces jeunes qui feront vivre notre société calédonienne. Pour toutes ces raisons, nous devons, tous ensemble, créer les conditions pour que chacun d’entre eux trouve sa juste place. A ce titre, nous avons une grande responsabilité vis-à-vis d’eux.
L’élève doit certes être au centre du système mais, pour que le système fonctionne, il faut aussi que la communauté éducative dispose d’un environnement et de conditions favorables à ce qu’elle donne le meilleur d’elle-même. J’y suis très attaché.
La communauté éducative, ce sont aussi les parents, que je n’oublie surtout pas et dont l’implication est si fondamentale dans la réussite de leurs enfants. Je sais que vous saurez les associer à vos travaux et à votre réflexion.
Et pour finir, je voudrais rappeler cette phrase issue d’un célèbre poème de Victor Hugo : « Chaque enfant qu’on enseigne, est un homme qu’on gagne ». Or en Nouvelle-Calédonie, nous avons besoin d’hommes et de femmes responsables, forts et honnêtes au service de notre communauté de destin, à la personnalité exceptionnelle, si riche de ses différences.
Merci de votre attention.

santa
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