Les Essentiels du Congrès : quand le passé éclaire le présent

Le Congrès entrouvre les portes de son histoire au cours de la deuxième édition des Essentiels, le débat où vous avez la parole. Et quand la grande et la petite histoire se tutoient, l’anecdote vient en renfort du propos.

« Qui oublie son passé se condamne à le revivre » écrivait Churchill. Thierry Santa, le président du Congrès, devait avoir cette phrase en tête quand il a ouvert les débats. Autour de lui : Jean Lèques, Simon Loueckhote, Pierre Frogier, Harold Martin et Roch Wamytan, qui tous ont présidé l’assemblée délibérante de Nouvelle-Calédonie. A leurs côtés, trois générations de secrétaires généraux du Congrès : Claude Fournier, Jean-Claude Viale et Vidjaya Tirou ainsi que les historiens Ismet Kurtovitch et Luc Steinmetz.

En quelque deux heures, tous les registres de la mémoire y sont passés !

Nostalgie avec Simon Loueckhote qui se souvient : « Tout jeune président élu du Congrès en 1989, arrivant tout juste d’Ouvéa, je croyais arriver à un poste très important… Or j’étais obligé de demander un bon d’essence au secrétaire général pour faire le plein de ma voiture ! C’était lui qui était le grand chef du boulevard Vauban » lance-t-il, complice, à Claude Fournier, secrétaire général à cette époque. « Ce n’est qu’un peu plus tard que le président du Congrès est devenu ordonnateur de son budget… »

Sourires, avec Jean Lèques et sa mémoire millimétrée, quand il raconte comment il a présidé une séance de l’Assemblée territoriale, alors que ses services administratifs venaient de le prévenir d’une alerte à la bombe : « Je me doutais qu’il s’agissait d’un canular et si j’avais fait évacuer, les textes importants du jour n’auraient jamais été votés », glisse-t-il simplement.

Francs rires, toujours avec Jean Lèques, quand il se souvient avoir fait évacuer, cette fois pour de bon, l’Assemblée territoriale envahie par des manifestants : « Quand les forces de l’ordre ont passé la porte, tout le monde a filé si vite que je n’ai jamais vu autant de claquettes sans propriétaires dans cet hémicycle ! » Ou, quand il évoque les séances de « questions diverses », l’après midi au retour des élus de la buvette…car à cette époque il y avait une buvette boulevard Vauban.

Confidence aussi avec Roch Wamytan, qui se demande en arrivant au perchoir en 2011 : « Dans quelle auberge je suis tombé ! Au lieu d’arbitrer des débats entre indépendantistes et non-indépendantistes, j’arbitrais les passes d’armes entre le gouvernement Martin et un autre parti loyaliste… Mais on a réussi à faire beaucoup de choses en peu de temps », se souvient-il, sourire en coin.

Réflexions d’avenir aussi, avec Pierre Frogier qui regrette qu’aujourd’hui « les élus provinciaux qui siègent au Congrès viennent y faire leur marché » et que l’intérêt territorial cède souvent le pas à l’intérêt des provinces.

Réflexion reprise au vol par Harold Martin, pour qui : « La création des provinces a été essentielle dans le retour de la paix : il faut absolument les préserver. Même si l’on peut maintenant déplacer le curseur du côté de l’entité Nouvelle-Calédonie ».

Les deux anciens présidents du gouvernement et du Congrès s’accordent sur la brièveté du mandat de président de la 1ère institution de l’Accord de Nouméa : renouvelle chaque année. Et se souviennent que dans les négociations antérieures à la signature de l’Accord « il était question que le président du Congrès soit aussi l’Exécutif de la Calédonie… »

Une soirée d’exception et de partage, au cours de laquelle les tribuns d’hier et d’aujourd’hui ont témoigné du « chemin parcouru » par les institutions calédoniennes…et balisé « celui qui reste à parcourir avant de trouver la solution de l’après 2018 dans un nouvel élan pour un nouvel accord », pour reprendre les termes d’Harold Martin et Pierre Frogier.



Un débat que vous pouvez revoir dans son intégralité :

Quelques photos du débat :

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