Économie bleue : un drone maritime pour surfer sur notre potentiel

Le « Wave Gliver » est un drone marin de surface capable de collecter et transmettre les données de l’océan (à la surface, à l’interface air/mer et en subaquatique) en temps réel, et ce pendant plus d’un an. De quoi ouvrir des perspectives. Surveillance de pêches illégales, mesures environnementales ou météorologiques, détection de pollutions, récupération d’objets en mer, suivi de DCP (dispositif de concentration de poissons)… Les missions envisageables sont nombreuses et pourront être mutualisées.

Quelques semaines après les États Généraux de la Mer du 5 juillet dernier, le congrès de la Nouvelle-Calédonie était à l’arrivée du drone maritime de la société ASSYSTEM, qui rentrait le 17 août 2016 en Petite rade, d’une toute première mission de 28 jours en mer entre Nouméa et Lifou. Rencontre avec l’un des deux drones maritimes déployés simultanément dans le Pacifique, avec l’appui chez nous de la grappe d’entreprises Cluster Maritime de Nouvelle-Calédonie.

Un projet appuyé par le Cluster Maritime Nouvelle-Calédonie

Le drone maritime est arrivé en septembre dernier mais n’avait pas encore été testé en conditions réelles. Nathae – il a été baptisé du nom d’un récif corallien lifou par les coutumiers – rentre de Lifou avec 23 000 clichés et des enregistrements sonores de baleines qu’il reste aujourd’hui à exploiter. Sur le quai pour assister à son arrivée, la présidence du congrès, très intéressée par le projet, et tout le gratin maritime et scientifique du territoire. Représentants de l’IFREMER, de l’IRD, mais aussi de la Sécurité civile du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, hauts gradés de la marine militaire et consul du Vanuatu sont venus se renseigner plus avant sur les potentialités de ce qui ressemble, de prime abord, à un… paddle. Pour les renseigner, Fabien D’URSO, responsable de l’ingénierie de la société.

250 kilos au service de nos futures études

Équipé de trois panneaux solaires qui viennent sur toute sa surface compléter sa propre force motrice, d’un hydrophone, d’un appareil photo, d’une cage de faraday pour stopper les ondes électromagnétiques qu’il émet et qui pourrait attirer les requins et lui causer des dommages, le drone est aussi muni d’un GPS qui permet de le suivre constamment, de définir et modifier son parcours grâce à toutes les informations météorologiques, y compris marines, qu’il relève en flux continu. Un concentré de technologies de 250 kilos qui navigue jusqu’à près de 4 nœuds en vitesse de croisière. Le drone est télécommandé : à proximité le pilotage est en 3D, à  plus longue distance, il est satellitaire.

Équipé d’applications militaires, il peut intercepter des communications sur les côtes frontières. Il peut également se révéler utile en matière de surveillance des pêches illégales. Son hydrophone permet d’étudier les baleines. Pouvant embarquer 45 kilos d’équipement dans son flotteur et tracter jusqu’à une tonne, il permet d’envisager des campagnes de mesures en mer pendant douze mois… Seuls deux drones de ce type sont actuellement disponibles dans le Pacifique. Ici à Nouméa, et un à Rangiroa, en Polynésie. Instituts de recherches et institutions se disent intéressés par les perspectives que ce nouvel outil trace.  A suivre.

Une technologie écoresponsable
A la surface, en partie haute, un flotteur contient l’électronique embarquée et 3 panneaux solaires fournissant l’énergie d’appoint pour les instruments et pour utiliser, le cas échéant, un petit moteur électrique se trouvant en partie basse.
0Sous l’eau, en partie basse, à environ 4 mètres de profondeur, un planeur sous-marin doté d’ailettes articulées qui transforment  la différence de mouvement  vertical des vagues en propulsion

 

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