Pour un développement équilibré, miser sur les entreprises publiques locales

Mardi 6 septembre 2016, le congrès de la Nouvelle-Calédonie a accueilli l’ouverture officielle de la treizième Conférence des Entreprises Publiques Locales d’Outre-mer. Par son originalité et ses spécificités, la Nouvelle-Calédonie est un véritable exemple de développement des entreprises publiques locales où elles révèlent toute leur souplesse et leurs atouts pour appuyer un développement adapté au tissu local.

Les 23 entreprises publiques locales calédoniennes, souvent de statut SEM (société d’économie mixte) sont riches d’innovations et de diversité. Elles répondent parfaitement au thème des  journées de conférence, pendant lesquelles les 150 congressistes, élus de métropole et de tous les outre-mer, échangent cette semaine, y compris sur le terrain, au plus près des initiatives des trois provinces. Des provinces qui ont fait de leurs SEM les bras armés des investissements au bénéfice des politiques publiques du territoire, au premier rang desquelles la Sofinor et Nord Avenir (pour la province Nord), PromoSud (pour la province Sud) et la Société de développement de la province des Iles Loyauté (SODIL).

Les SEM, essentielles au développement économique

Présidée par Jacques CHIRON, sénateur de l’Isère, la Fédération des EPL a souligné « l’originalité du mariage de l’économie mixte et des spécificités de l’économie locale en Nouvelle-Calédonie ». Une originalité attribuée à l’ancrage des élus locaux dans l’économie réelle. « Les SEM [sociétés d’économie mixte] calédoniennes devraient être une source d’inspiration, pour les autres territoires français d’outre-mer et le système métropolitain. »

La Nouvelle-Calédonie est un exemple de diversification et de dynamisme. Elle représente 25 % des EPL ultra-marines, et la moitié de leur chiffre d’affaires. C’est cette richesse que les représentants de la Réunion, de Mayotte, des Antilles, de St Martin, de Polynésie, etc., aujourd’hui réunis, sont venus étudier

Jacques CHIRON

Les SEM, essentielles à l’efficience des politiques locales

Principaux secteurs cités par les élus calédoniens ce matin : le logement social (avec la SIC et la SEM Agglo), l’aménagement du territoire (avec Secal pour les ZAC de Dumbéa sur mer et de Panda et le Médipôle), les transports (avec Aircal, Aircalin et la Secal pour Néobus), la production énergétique (avec Enercal), etc. « Au travers de l’étude des EPL calédoniennes, c’est  la question de l’efficience des élus locaux et des collectivités publiques qui est au centre des discussions », explique Thierry SANTA, le président du congrès de la Nouvelle-Calédonie, dans son discours d’ouverture.

 La place des SEM dans un territoire éloigné et insulaire revient à discuter des enjeux du développement diversifié et adapté à l’échelle locale

Thierry SANTA

Les SEM, essentielles à la diversification économique

Les SEM sont des acteurs méconnus du développement économique par le grand public, mais elles représentent en Nouvelle-Calédonie quelques 80 milliards de francs de chiffres d’affaires, plus de 3 500 emplois (directs et indirects) et un investissement de plus de 100 milliards. « Ces structures agissent comme des leviers de croissance qui créent de la richesse pour notre territoire. Elles sont indispensables et structurent des secteurs aussi variés que ceux du logement, de l’aménagement, des transports, du tourisme, etc. », précise Thierry SANTA.

Les SEM sont à considérer comme des moyens efficaces pour pallier la crise du 1er secteur économique de la Nouvelle-Calédonie, celui du nickel.

Thierry SANTA

Martine LAGNEAU, 1ere vice-présidente de la province Sud et présidente de la fédération calédonienne des EPL, a également souligné « le dynamisme des EPL locales pour le développement,  le rééquilibrage et la diversification économique » , en citant d’autres exemples : la SEM Mwe Ara à Deva, la SIC et ses 12 000 logements livrés (1 logement social calédonien sur 5), la SEM Sud Forêt (1 500 hectares  de reboisement en espèces endémiques et locales), la Sofinor avec Koniambo Nickel, la SEM Canala (terres de métayage)… « Il nous faut aujourd’hui miser sur des EPL volontaristes en milieu rural pour exploiter d’autres secteurs que le nickel », a-t-elle conclu.

Les EPL sont véritablement des atouts pour créer des emplois, favoriser l’emploi local et diversifier l’économie

Martine LAGNEAU

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