Le Congrès, patrimoine historique

Le Congrès est l’institution la plus ancienne de la Nouvelle-Calédonie. Il est au cœur de notre patrimoine historique, culturel, juridique, politique et citoyen depuis 1885.Ses attributions et son fonctionnement actuels sont définis dans la loi organique de 1999, en application de l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998. A travers l’évolution de l’institution, c’est celle du territoire que l’on revisite.

Né il y a 131 ans, il faut remonter aux racines de l’institution pour comprendre l’importance de l’actuel Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Héritière d’un long passé institutionnel, l’assemblée délibérante calédonienne a connu plusieurs modes d’organisation :

–           Le Conseil général de 1885 à 1957

–           L’Assemblée territoriale de 1957 à 1985

–           Le Congrès du Territoire de 1985 à 1999

–           Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie depuis 1999

La prise de possession par la France a lieu en septembre 1853. A partir de 1864, la Nouvelle-Calédonie est une colonie de peuplement de bagnards dabord sous l’influence des gouverneurs militaires. Les revendications des Calédoniens pour une gestion participative des affaires de la colonie aboutissent à la création du Conseil général en 1885. C’est la première assemblée représentative, ancêtre du Congrès.

C’est à l’hôtel de ville, actuel musée de Nouméa, que se tiennent les premières réunions du Conseil. La parcelle actuelle sur laquelle est construit le bâtiment du Congrès a été abandonnée par l’État au profit de la ville de Nouméa en 1890, en ces termes : « ancienne Imprimerie du gouvernement affectée aux délibérations du Conseil général ». Le premier niveau est bâti en 1968, le second étage est réalisé en 1982.

Dès les premières séances en 1885 les membres du Conseil général sont frontalement opposés à l’État. L’assemblée est paralysée par des querelles. Néanmoins, les idées sont remarquables de modernité : emploi local, identité calédonienne, nickel…   Tant de sujets qui font échos aux débats actuels.

Durant la Grande guerre, la société calédonienne évolue en s’inspirant des avancées sociales de la législation métropolitaine. En 1920, apparaît le concept de vie chère et en 1930 la nationalité française est ouverte aux Kanak. En 1940, la Calédonie choisit le ralliement à la France libre aux côtés du Général de Gaulle qui décide de remplacer le Conseil général par un Conseil d’administration. Il est restitué 4 ans plus tard, mais l’année 1946 marque la fin de la colonie. La Nouvelle-Calédonie est désormais un territoire d’outre-mer, les Kanak deviennent citoyens et entrent au Conseil général en 1953.

Le vote de la loi-cadre met fin au Conseil général en 1957. Il est remplacé par une Assemblée territoriale et un Conseil de gouvernement est créé. En 1963, la loi Jacquinot restreint les pouvoirs des assemblées et les lois Billotte de 1969 élargissent les responsabilités de l’État en matière fiscale et minière. Il en résulte que les volontés autonomistes glissent vers des revendications d’indépendance. Se forment dans les années 70 un réel clivage entre loyalistes et indépendantistes. Les désaccords autour du statut Lemoine sur l’autonomie du Territoire renforce cette opposition et les « Evènements » prennent place dès la fin de l’année 1984. Les deux camps s’affrontent violemment. En 1985, l’Assemblée territoriale devient Congrès du Territoire et l’exécutif revient au Haut-commissaire.

Sous Jacques Chirac, le référendum Pons en 1987 emporte le « oui » au maintien de la Calédonie dans la France. Les tensions sont exacerbées et sur fond de campagne électorale, se déroule le Drame d’Ouvéa. Une mission du dialogue est envoyée par Michel Rocard et la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou symbolise une nouvelle ère de paix. Les Accords de Matignon signés en 1988 repoussent le scrutin d’autodétermination à 1998 et les trois Provinces sont instaurées. L’Accord d’Oudinot, quant à lui, planifie le rééquilibrage économique et socio-culturel.

Dès 1991, Jacques Lafleur lance l’idée d’une solution consensuelle. Le Préambule des Accords de Nouméa instaure la reconnaissance constitutionnelle du peuple kanak et on parle désormais d’une « nouvelle souveraineté partagée au sein d’un destin commun ».

Les Accords de Nouméa en 1998 font de la Nouvelle-Calédonie une collectivité « sui generis » c’est-à-dire une collectivité territoriale d’outre-mer à statut particulier et le Congrès du Territoire, devenu Congrès de la Nouvelle-Calédonie, peut désormais édicter des lois du pays dont les domaines de compétences sont énumérés par la Loi organique de 1999. L’exécutif passe des mains du Haut-commissaire à celle d’un Gouvernement collégial.

Depuis 2010, les signes identitaires se multiplient avec la devise « terre de parole, terre de partage ». Des paroles qui ne pourront prendre tout leur sens qu’avec une prise en compte plus large de la population calédonienne et de sa jeunesse, garante de l’histoire à venir.

Le congrès de la Nouvelle-Calédonie a ouvert ses portes au public dans le cadre du Mois du Patrimoine, le 28 septembre 2016. Visite guidée :

 

 

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