Pour la mise en œuvre du projet éducatif calédonien

La  ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat VALLAUD-BELKACEM, a choisi de s’exprimer devant les Conseillers territoriaux ce 26 octobre 2016 pour entamer sa visite officielle de trois jours sur le territoire. Après avoir annoncé l’accompagnement de l’État dans la mise en œuvre du projet éducatif calédonien, adopté au Congrès le 15 janvier dernier, elle s’est rendue au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour signer le protocole d’engagement.

 

Extraits discours Najat VALLAUD-BELKACEM

 « L’engagement des pères fondateurs de la Nouvelle-Calédonie moderne [Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur] répondait à leur volonté de construire un avenir pour la jeunesse de ce pays. Et ici comme ailleurs, l’avenir passe par l’éducation et donc par l’École. L’École, pour l’État, est le creuset de la République. Et aujourd’hui, dans ce Congrès, c’est bien aussi de l’École dont il est question. Pour une raison simple : l’École est pour la Nouvelle-Calédonie le creuset de votre destin commun.

L’école, creuset du destin commun

Le système éducatif calédonien doit, par conséquent, progresser pour remplir son rôle. Sa responsabilité, ce n’est rien moins que de former celles et ceux qui demain feront de la Nouvelle-Calédonie une terre de concorde, une terre de prospérité et une terre qui rayonne dans l’ensemble du Pacifique.

Cette responsabilité, nul ne peut s’en défausser. Elle incombe à chacune de nos institutions, Nouvelle-Calédonie, Provinces, communes et État, dans le respect des compétences de chacun, conformément à la lettre et à l’esprit des accords de Matignon et de Nouméa. Cette responsabilité, votre Congrès a décidé de l’assumer pleinement. Le 15 janvier 2016, vous avez en effet approuvé votre projet éducatif : c’est là un élément fondateur pour votre pays.

Un projet éducatif de qualité

Les grands objectifs que vous vous êtes assignés : développer l’identité de l’école calédonienne ; considérer la diversité des publics pour une école de la réussite pour tous ; ancrer l’école dans son environnement pour assurer un climat scolaire serein au service de l’épanouissement de l’élève ; ouvrir l’École sur la région Océanie et sur le monde. Je veux ici saluer la qualité du contenu de votre projet éducatif.

Il y a le texte, son esprit et sa lettre. Mais il y a aussi sa mise en œuvre. L’État s’est engagé à soutenir ce mouvement irréversible et continuera, par conséquent, d’investir dans les infrastructures de la Nouvelle-Calédonie et dans la formation des jeunes.

Un accompagnement sur 3 ans

L’État est là pour vous aider, vous accompagner. Cet accompagnement prendra la forme d’un protocole d’accord conclu avec votre Gouvernement. L’État apportera ainsi des aides sous la forme de la création de 75 emplois nouveaux et par le maintien de 7.900 heures d’accompagnement éducatif. Ces aides se traduiront également par une augmentation de crédits dédiés à la formation continue des personnels enseignants, ainsi que pour des équipements pédagogiques particuliers liés aux formations du nouveau lycée du Mont Dore et à l’extension de celui de Pouembout.

Les lycées de Pouembout en Province Nord et du Mont Dore en Province Sud permettront à terme de scolariser au total 1430 élèves et offriront 300 places d’internat. L’investissement de l’État est important, un peu plus de 11 milliards de francs pacifique. Enfin, des ressources techniques en ingénierie d’éducation et de formation seront libérées dans le cadre de la mise en œuvre de l’observatoire de la réussite éducative et de la rédaction du code de l’éducation.

D’autres projets emblématiques méritent d’être soulignés : la mise en place dans la province des Iles Loyauté de bourses d’études, la rénovation d’établissements scolaires en province Nord ou encore le soutien aux internats d’excellence et l’accompagnement scolaire pour la province Sud.

Pour le développement de l’université et de la recherche

En tant que ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche je souhaite aussi revenir sur la situation de l’université de Nouvelle-Calédonie. Comme pour le projet éducatif et dans le même esprit, nous souhaitons accompagner l’université dans son développement. J’ai notifié au Président de l’Université la création de huit emplois supplémentaires sur la période 2016-2019. J’ai également décidé, pour tenir compte de l’augmentation des effectifs d’étudiants, d’attribuer 60 millions de francs de crédits supplémentaires au titre du budget 2017. Je soutiens enfin l’inscription, dans le cadre du contrat de développement, de 477 millions de francs afin d’aider à la l’implantation de l’Antenne nord de l’université à Koné, véritable outil de rééquilibrage à destination des populations de l’intérieur du pays.

La recherche n’est pas oubliée avec le financement de l’Institut Agronomique Calédonien et du Consortium pour la Recherche, l’Enseignement Supérieur et l’Innovation Calédonien. Le CRESICA fait figure de structure pilote associant étroitement l’université et les organismes de recherche autour d’une feuille de route partagée centrée sur les enjeux de la Nouvelle-Calédonie.

Pour une nomination conjointe du vice-recteur

Pour donner sa pleine mesure à la mise en œuvre de ce protocole d’accord, quatre années après la mise en œuvre du transfert de compétences [de l’enseignement secondaire], nous avons décidé de franchir un nouveau palier. Nous sommes donc convenus, avec le président du Gouvernement, qu’à compter de ce jour, le vice-rectorat deviendrait aussi la direction générale des enseignements de la Nouvelle-Calédonie et que le vice-recteur sera désormais recruté et nommé à l’issue d’un processus conjoint de concertation. »


Les remerciements du congrès de la Nouvelle-Calédonie

 

Extraits discours Thierry SANTA

 « Les jeunes sont notre avenir et la Calédonie de demain dépendra beaucoup de la qualité des enseignements reçus et des valeurs partagées au sein de notre système éducatif.

Cette importance fondamentale n’a pas échappé aux élus locaux qui ont posé, début 2016, les bases d’un projet éducatif calédonien déterminant les grandes orientations d’une école de qualité adaptée aux réalités locales et promouvant les valeurs universelles de respect, de partage et de tolérance.

Votre visite sera l’occasion de signer le protocole d’accord entre l’État et la Nouvelle-Calédonie pour la mise en œuvre de ce projet éducatif. Par ce document qui en définit les modalités d’accompagnement, L’État marque toute sa détermination et son engagement à en assurer la réussite. Soyez remerciée de cet effort qui viendra compléter la participation déjà substantielle de L’État en faveur de la formation de la jeunesse calédonienne. »

 

L’éducation et la recherche en chiffres

Au total, le secteur de l’éducation et de la recherche représente plus de 87 % de la Dotation Globale de Compensation versée chaque année par l’État à la Nouvelle-Calédonie, soit un montant de 5,156 milliards de francs Pacifique en 2016.
Quant à la dotation de Mise A Disposition Globale et Gratuite, elle représente un volume de 44,6 milliards de francs également en 2016. Les contrats de développement ne sont pas en reste, puisque pas moins de 7,42 milliards de francs ont été engagés dans l’éducation et la recherche au titre de la génération 2011-2016.
La séance solennelle  en images

 

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