Le président du Congrès en ouverture du premier Salon PREVENTICAL

Le premier Salon du dialogue social de la prévention des risques et de la formation professionnelle en Nouvelle-Calédonie se tient ce mercredi 29 mars à la Chambre des métiers afin que les professionnels, les partenaires du dialogue social et de la prévention des risques puissent échanger les bonnes pratiques et comparer les outils performants permettant de faire de la prévention des risques un investissement rentable au bénéfice de l’amélioration des conditions de travail.

Le discours de Thierry SANTA, ici :

La gestion des risques professionnels au sein de l’entreprise évolue. D’abord envisagée dans une stricte logique de réparation, puis de protection, elle aboutit aujourd’hui à la notion de prévention, indissociable de la dimension organisationnelle du travail.

La prévention des risques est ainsi devenue un prérequis de l’amélioration des conditions de travail.

Cette évolution s’est faite par palier et il s’agit aujourd’hui de valoriser une approche globale et dynamique des conditions de travail et de la santé au travail. Pour y arriver et répondre efficacement à l’ensemble des enjeux soulevés, il est nécessaire de mobiliser le plus largement possible en associant à la réflexion la puissance publique, les chefs d’entreprises, les professionnels de santé et les partenaires sociaux.

La prévention des risques doit devenir une véritable culture en devenant l’affaire de tous, et non plus seulement la préoccupation des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail, des médecins ou des ingénieurs sécurité. Elle est l’enjeu d’une appropriation, d’une animation et d’une diffusion par tous les échelons de responsabilité dans l’entreprise au bénéfice de tous ceux qui y travaillent.

L’approche préventive ne doit donc pas reposer uniquement sur des prescriptions de sécurité, mais se fonder également sur l’analyse au cas par cas des contraintes qui pèsent sur les travailleurs.

Une telle évolution passe par un dialogue social ouvert et responsable qui permette la prise en considération du travail de chacun et permette d’associer à chaque parcours une réponse adaptée.

La formation a également un rôle majeur à jouer dans le développement de la culture partagée de la prévention au sein des entreprises. Quelles soient initiales ou professionnelles, les formations constituent les ressorts d’une démarche sur le long terme. Ainsi il faut introduire la prévention des risques dans les cycles d’enseignement techniques et dans les plans de formation des entreprises grandes, moyennes ou petites.

Les enjeux de la prévention des risques sont primordiaux car le coût humain, social, économique des accidents du travail, des maladies professionnelles est considérable.

Qu’il s’agisse de l’absentéisme dont les conséquences financières en journée perdues, en problème de redistribution de la charge de travail, en allongement des délais de production est dramatique.

Qu’il s’agisse du turn-over du personnel signe d’une grande difficulté pour l’entreprise à mobiliser et à conserver ses talents et ses compétences clés.

Qu’il s’agisse de la dégradation du climat social qui, si elle n’est pas traitée suffisamment tôt, peut devenir une source de conflits préjudiciables à l’action quotidienne et à l’atteinte des objectifs de performance fixés.

On pourrait citer également l’extrême difficulté de réussir les réformes au sein d’une entreprise lorsque l’impact sur le personnel d’un projet de changement est sous-estimé, voire occultés, ou encore le risque d’image encouru par l’entreprise qui ne prenant pas garde à une dégradation des conditions et de l’ambiance de travail joue directement sur sa notoriété et sa réputation auprès de ses clients.

On le voit le sujet de la prévention des risques est central pour l’optimisation des performances de l’entreprise. Il devient même une condition de sa pérennité. La perte de productivité et la baisse de la qualité des produits fabriqués ou des services délivrés peut en effet mener l’entreprise à sa perte.

Sur la base de ces constats, l’utilité de l’organisation du premier salon PREVENTICAL devient une évidence afin que les professionnels, les partenaires du dialogue social et de la prévention des risques puissent échanger les bonnes pratiques et comparer les outils performants permettant de faire de la prévention des risques un investissement rentable.

Le pari, au passage, est qu’on en tirera non pas une économie de coûts, mais un bénéfice de performance et un moyen d’améliorer les conditions de travail. Il est temps en effet de considérer la prévention, non comme une charge nette pour l’entreprise, mais comme un levier de productivité et donc de compétitivité.

Permettez-moi de vous souhaiter à tous un bon salon PREVENTICAL et remercier la Chambre des métiers d’accueillir dans les meilleures conditions cette manifestation. Je remercie également pour cette initiative les membres du Groupement des Professionnels de la Santé et de la Sécurité au Travail (GPSST) et bien entendu l’ensemble du comité d’organisation, Suzanne DEVLIN, Jacques MARCHAND, Jean-Yves MENNY, et Jean-Jacques PERRAUD sans qui ce rendez-vous n’aurait pu voir le jour.

Je vous remercie de votre attention.

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