Discours de Gaël YANNO devant la Quatrième Commission de l’Organisation des Nations Unies

Le Président du Congrès, Gaël YANNO, s’est exprimé en ce jeudi 11 octobre 2018 à 6 h (heure de Nouméa) devant la Quatrième Commission de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette semaine, plusieurs personnalités politiques calédoniennes, non indépendantistes et indépendantistes, sont à New-York pour s’exprimer sur l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie devant ce comité, dit C 24, qui traite des politiques spéciales et des questions relatives à la décolonisation. 

INTERVENTION DE GAËL YANNO

PRÉSIDENT DU CONGRES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

DEVANT LA 4ème COMMISSION

DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

9 OCTOBRE 2018

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les ambassadrices et ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les représentants des pays membres de l’Assemblée Générale,

Mesdames et Messieurs,

Dans moins d’un mois, le dimanche 4 novembre prochain, les calédoniens décideront librement de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et donc de leur avenir.

Après 30 ans de paix et de développement, ce référendum d’autodétermination, prévu par l’Accord de Nouméa, laissera le choix aux calédoniens entre le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République française ou l’indépendance.

Tout a été fait par la France et par les partis politiques calédoniens pour que ce referendum se déroule dans des conditions exemplaires de transparence, de liberté et de régularité.

Je remercie vivement les Nations Unies pour la présence de ses experts dans les commissions électorales qui déterminent les listes des électeurs autorisés à voter. Vos experts ont ainsi pu attester de la régularité des listes électorales.

Contrairement à ce qu’affirment devant vous certains responsables indépendantistes, il n’y a en Nouvelle-Calédonie ni fraude électorale organisée, ni tricheries, ni anomalies sur les listes électorales.

Dans son rapport en date du 29 juin 2018, la mission de l’ONU a reconnu, je cite,

« .. que le processus de révision ordinaire des listes ordinaires spéciales s’est, dans l’ensemble, déroulé dans la légalité et l’objectivité …»

Les experts de l’ONU, présents le jour du referendum à la demande de la France, attesteront, j’en suis certain, de la régularité de ce scrutin.

Sur les 210.000 électeurs calédoniens inscrits sur les listes électorales de Nouvelle-Calédonie, seuls 174.000 seront autorisés à voter le 4 novembre prochain, laissant ainsi plus de 36.000 calédoniens, soit plus de 15% du corps électoral, exclus de ce scrutin.

Cette concession majeure des non indépendantistes démontre leur volonté de compromis.

Malgré cette restriction importante du corps électoral, tous les observateurs s’accordent à reconnaître qu’il n’existe pas de majorité en Nouvelle-Calédonie en faveur de l’indépendance.

Je suis convaincu que le 4 novembre prochain, une très large majorité des calédoniens exprimeront un non massif à l’indépendance.

Je vous demande, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de cette honorable assemblée, d’entendre le choix que les calédoniens feront démocratiquement.

La Nouvelle-Calédonie a démontré avec succès depuis 30 ans, que nous pouvions engager un processus de décolonisation tout en restant sein de la République française.

L’indépendance de la Nouvelle-Calédonie n’est heureusement ni inévitable, ni inéluctable.

L’Organisation des Nations Unies reconnait elle-même que décolonisation n’est pas automatiquement synonyme d’indépendance, comme le prétendent les indépendantistes.

Dans sa résolution n° 2625 du 24 octobre 1970, l’ONU reconnait en effet que « l’acquisition de tout autre statut politique librement décidé par un peuple » est reconnue comme un acte de décolonisation.

Depuis 1986, la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste de l’ONU des territoires à décoloniser.

Les non indépendantistes calédoniens ont l’ambition d’obtenir un jour le retrait de la Nouvelle-Calédonie de cette liste tout en restant dans la République française.

C’est dans cet esprit que nous continuerons au-delà de 2018 à construire notre avenir dans la France sur le chemin de la paix et de la communauté de destin entre tous les calédoniens.

C’est ce défi que nous, calédoniens non indépendantistes, avons décidé de relever en formant le vœu que l’ONU nous accompagne sur ce chemin.

Le 11 octobre 2018 à l’ONU (New York), le président du Congrès, Gaël YANNO et le sénateur de la République, Gérard POADJA.

 

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