Stop au plastique !

Le 27 décembre 2018, le congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté la loi du pays soutenue par la conseillère Nina JULIE, du groupe Calédonie Ensemble, qui interdit la mise sur le marché de divers produits en matières plastiques » à usage unique. Le texte vise l’abandon de nos classiques « pochons », mais également des sacs réutilisables de type cabas, des coton tiges et de la vaisselle jetable : barquettes, gobelets, pailles, verres, tasses, assiettes, couverts et touillettes. Cette loi, qui encourage les Calédoniens à se tourner vers les produits biosourcés et biodégradables, est applicable dès 2019.

Une mesure forte pour préserver l’environnement

« Notre production plastique est trop importante. Pour les sacs par exemple, ce sont 215 poches qui sont utilisées par habitant et par an en Nouvelle-Calédonie. C’est beaucoup trop, a soutenu Nina JULIE. En agissant sur l’interdiction de distribution de produits en plastique à usage unique, nous allons réellement contribuer à préserver notre environnement. Aujourd’hui, la pollution liée au plastique est un véritable fléau qui affecte lourdement les écosystèmes locaux et la biodiversité, mais qui a aussi un impact sur notre santé et sur notre économie. »

Une obligation d’adaptation rapide pour les entreprises

Cette loi, qui encourage les Calédoniens à se tourner vers les produits biosourcés* et biodégradables, fait, sur le fond, l’unanimité des conseillers de l’assemblée calédonienne, mais elle n’a pas été votée par l’opposition. Les groupes Les Républicains calédoniens et Les Républicains-Le Rassemblement-MPC se sont abstenus, ne cautionnant pas la méthode d’une interdiction aussi soudaine et radicale qui ne laisse pas au secteur économique le temps de s’organiser.

Pour Sonia BACKES, présidente du groupe Les Républicains calédoniens, « il s’agit d’une mesure STOP déguisée qui ne relève pas d’une loi du pays mais d’une décision du gouvernement puisqu’elle revient à organiser un duopôle, seules deux entreprises étant identifiées en Nouvelle-Calédonie pour fournir des sacs d’emballage en plastique biosourcé ou en papier. » Thierry SANTA, président du groupe Les Républicains-Le Rassemblement-MPC, craint, au même titre, une rupture de stock d’emballages ingérable à court terme sur le territoire.

Un risque soulevé par l’Autorité de la concurrence dans son avis rendu au préalable sur cette proposition de loi. Et une excellente occasion de développer un nouveau secteur économique en créant un marché de sacs en plastique biosourcé, selon Calédonie Ensemble.

* Biosourcé : Se dit d’un produit ou d’un matériau entièrement ou partiellement fabriqué à partir de matières d’origine biologique.

Une mise en application échelonnée à partir du 1er juillet 2019

Au préalable envisagées au 1er mai 2019, les interdictions vont s’échelonner dans le temps :

– À partir du 1er juillet 2019 : les pochons à la caisse / les pochons en rayon / les sacs cabas, sauf s’ils sont biosourcés ou recyclables;

– A partir du 1er septembre 2019 : gobelets, verres, tasses, assiettes, couverts, pailles, touillettes, coton tiges;

– A partir du 1er mai 2020 : les barquettes destinées à l’emballage des denrées alimentaires au moment de l’achat ou pour une livraison ou vente immédiates;

– A partir du 1er mai 2022 : les barquettes destinées au préemballage des denrées alimentaires.

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