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Le lycée Dick-Ukeiwë



Crédit photos : gouvernement de la NC

Le lycée du Grand Nouméa portera désormais le nom de lycée Dick-Ukeiwë. La cérémonie de dénomination du lycée s’est déroulée ce lundi 16 novembre 2020 au matin, à l’occasion des 20 ans du lycée. Roch WAMYTAN, le président du congrès, ainsi que Walisaüne WAHETRA, la présidente de la commission de l’enseignement du congrès se sont joints aux représentants officiels pour rendre hommage au Loyaltien aujourd’hui décédé, aux côtés de  Thierry SANTA, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, d’Isabelle CHAMPMOREAU, le membre du gouvernement en charge de l’enseignement, d’Érick Roser, le vice-recteur directeur général des enseignements, et de Georges NATUREL, le maire de la ville de Dumbéa.

Dick Ukeiwë, enfant de Lifou et de Maré, devenu moniteur enseignant à Tiga, pressait les jeunes de se former au plus vite pour relever les défis du futur, pour trouver leur place en donnant le meilleur d’eux-mêmes, à force de travail, de rigueur, de respect envers soi-même et envers les autres. Président du gouvernement, acteur majeur des négociations des Accords, premier sénateur mélanésien à représenter la Nouvelle-Calédonie au Palais du Luxembourg, premier député européen néo-calédonien, Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite. « Nous ne méritons pas l’estime de nos fils si chacun d’eux ne peut trouver sa place en Calédonie, si chacun d’eux ne peut y cultiver son champ, si chacun d’eux ne peut, en paix, en savourer les fruits et en contempler le ciel. » Ses mots sont aujourd’hui gravés sur la plaque commémorative installée dans le lycée qui porte désormais son nom.

 

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Qui était Dick Ukeiwë ? Biographie du gouvernement de la NC

Ukeiwë signifie « marée montante » en drehu, la langue de Lifou. Un signe du destin pour le parcours exceptionnel de Dick Kiamu Ukeiwë, entre héritage culturel kanak et valeurs de la République.

Dick Ukeiwë est né à Lifou en 1928 dans la tribu de Xodrë, district de Lossi, d’une famille modeste de trois enfants. Son père, Kiaso Ukeiwë, originaire de Lifou, travaillait comme planton aux Affaires indigènes de Nouméa et sa mère, Ivane Wakanumune, était originaire de la tribu de Ténane à Maré. Dick appartenait au clan des Api Angajoxu, celui des « petit-fils du grand-chef ».

En 1933, au temps où l’école publique était surtout réservée aux Européens, le petit Dick entre à l’école Frédéric-Surleau, à Nouméa. Bon élève, il reçoit une éducation coutumière, fondée sur les valeurs ancestrales, le savoir-être et le savoir-faire. Mais aussi une éducation chrétienne avec le pasteur Wabéalo, et républicaine par sa scolarisation.

À partir de 1943, il suit l’école des moniteurs de Montravel dont il sort prêt à exercer le métier d’enseignant en tribu. Il devient moniteur à Oundjo, puis à Tiga où il construit l’Espérance, la première école de l’île. Il y est également responsable de la station radio et même infirmier.

Il rejoint ensuite la SLN comme agent de maîtrise.

En 1956, Dick Ukeiwë adhère à l’AICLF (association des indigènes calédoniens et loyaltiens français), puis entre en politique au sein de l’Union calédonienne. Il est élu pour la première fois à l’Assemblée territoriale en 1962, où il côtoie Jean Lèques. Mais, en désaccord avec l’orientation de l’UC, il quitte ce parti et rejoint l’Union démocratique, le parti gaulliste local. Il retrouve l’Assemblée territoriale en 1972 et en devient le président en 1975.

En 1977, il fonde le RPR-NC (rassemblement pour la République-Nouvelle-Calédonie) qui rejoint le RPC de Jacques Lafleur, lui-même devenu RPCR, en 1978.

De 1979 à 1982, Dick Ukeiwë est vice-président du gouvernement avant d’être élu sénateur de la République en 1983. Il est alors le premier Kanak à siéger dans cette assemblée. Il consacre son mandat à la défense de la Nouvelle-Calédonie, tout en étant président du gouvernement calédonien en 1984, du Congrès de 1985 à 1988, et du Conseil exécutif du Territoire en 1988. Son discours au Sénat en 1985, dans lequel il défend la Nouvelle-Calédonie dans la France, a marqué l’histoire.

Après la période douloureuse des Événements, il est, aux côtés de Jacques Lafleur et de Jean-Marie Tjibaou, l’un des négociateurs et des signataires des accords de Matignon-Oudinot de 1988 qui ont ramené la paix en Nouvelle-Calédonie.

De 1989 à 1994, il siège au Parlement européen de Strasbourg en tant que député français. C’est son dernier mandat d’élu politique.

De ses unions successives, Dick Ukeiwë a eu sept enfants.

Pour les services rendus à la Nouvelle-Calédonie et à la France, la République l’a récompensé en le faisant Chevalier, puis Officier de la Légion d’Honneur et Officier de l’Ordre National du Mérite.

Après l’Accord de Nouméa de 1998, Dick Ukeiwë s’est retiré de la vie politique pour s’installer à Dumbéa, en famille, où il a vécu jusqu’à sa mort, le 3 décembre 2013 à l’âge de 83 ans.






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