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La place de la paix inaugurée



La poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, immortalisée à travers une statue, a été inaugurée, dimanche 26 juin 2022 au matin, à Nouméa, sur la place de la Paix, nouveau nom donné au square Olry par la mairie. La place de la Paix se nomme aussi Koo Wè Joka, qui en langue nââ numèè se traduit par “le lieu où ils ont fait la paix”. Un moment hautement symbolique en ce 26 juin, 34 ans jour pour jour après la signature des accords de Matignon-Oudinot. Un geste de réconciliation, de paix et de reconnaissance.

Le début de la cérémonie a été marqué par un geste coutumier. Après que les enfants de l’école Saint-Joseph-de-Cluny à la Conception ont fait résonner “les tambours de la paix”, la statue a été dévoilée par Isabelle LAFLEUR, Marie-Claude TJIBAOU et Sonia LAGARDE, la maire de Nouméa, sous les applaudissements du public composé de représentants des institutions du pays, dont Roch WAMYTAN au titre de président du congrès, de figures politiques, de membres de la société civile, mais aussi d’un grand nombre de Calédoniens anonymes. Un groupe de danseurs est venu de Tiendanite pour clore la cérémonie. Après une danse représentant la plantation de l’igname, les artistes ont invité les officiels à les rejoindre pour danser.

Extrait du discours de Marie-Claude TJIBAOU, veuve de Jean-Marie TJIBAOU :

« C’est une poignée de main qui a mis la Calédonie sur le chemin de la paix. Notre société civile a exprimé sa volonté de vivre dans l’unité, la sérénité. Célébrer la paix aujourd’hui, à l’ombre de ces deux grands hommes, c’est rappeler que la responsabilité est d’abord individuelle avant d’être collective. La devise “Terre de parole, terre de partage” ne doit pas être qu’une épitaphe gravée sur un bâtiment, mais un objectif quotidien dans nos écoles, nos entreprises, nos institutions. »

Un nom du Nord dans le Sud

Au moment d’ériger la statue de la poignée de mains, encore emballée, une cérémonie plus discrète était organisée quatre jours auparavant, mercredi 22 juin 2022 au matin, entre les autorités coutumières et la mairie de Nouméa. Cette cérémonie concernait le nom Tjibaou. Extrait d’une interview dans la presse, la semaine dernière, d’Emmanuel TJIBAOU, fils de Jean-Marie TJIBAOU :

« Nos noms en général ne sont jamais donnés à des objets. Nous nous sommes donc rapprochés, avec notre clan de Tiendanite, des autorités coutumières du Sud pour nous excuser du fait qu’un nom du Nord soit placé sur une terre du Sud. C’est pour cela qu’on a fait ce geste-là. Il fallait le faire. Et il y avait une grande émotion. De la voir en place, ça faisait déjà quelque chose. L’idée était de donner un esprit à cette statue, les bénédictions des vieux qui ont accompagné mon père de son vivant, des autorités coutumières qui ont habité ces endroits-là autrefois. Je souligne ici le travail de Mme la maire de Nouméa, Sonia LAGARDE, et de son conseiller, Warren NAXUE, pour la dimension spirituelle apportée à ce projet. »

L’histoire de la poignée de mains

La poignée de main du 26 juin 1988 marque la fin des Évènements, de 1984 à 1988, période pendant laquelle notre archipel sombre dans un état de guerre civile. État d’urgence, couvre-feu, assassinat d’Éloi MACHORO en janvier 1985, attentats, milices, barrages et, point culminant de cette période tragique, la prise d’otage d’Ouvéa en 1988. En mai, le nouveau Premier ministre, Michel ROCARD, désigne une mission du dialogue en Nouvelle-Calédonie. S’ensuivent des jours et des nuits d’âpres négociations à Matignon, à Paris.

« Ça prendra le temps que ça prendra, mais vous resterez là », assène Michel ROCARD, à l’adresse de Jacques LAFLEUR et Jean-Marie TJIBAOU, enfermés dans une pièce, la veille du 26 juin, pour déterminer, entre autres, les frontières des futures provinces et finaliser les « Accords de Matignon-Oudinot ». Ils en sortent à l’aube, vers 6 heures du matin. Et se serrent la main. Une poignée symbolique de la paix retrouvée qui ne sera pas comprise par l’ensemble de leurs camps respectifs. Jean-Marie TJIBAOU et Yeiwéné YEIWENE seront assassinés le 4 mai 1989.

 






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