Le discours de Virginie RUFFENACH, élue Présidente du congrès
Mme Virginie RUFFENACH est élue Présidente du congrès de la Nouvelle-Calédonie le 10 juillet 2026, au premier tour de scrutin à la majorité absolue (28 voix). Retrouvez dans cet article son discours d’investiture (seul le prononcé fait foi)
« Monsieur le Haut-Commissaire de la République,
Messieurs les députés de la Nouvelle-Calédonie,
Monsieur le Président du Gouvernement,
Madame et Messieurs les Présidents des assemblées de province,
Monsieur le secrétaire général du Haut-Commissariat,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, du congrès et des assemblées de province,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental,
Messieurs les sénateurs coutumiers,
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique,
Monsieur le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie,
Madame la commissaire déléguée de la République de la province Sud,
Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités.
C’est avec une profonde émotion, une immense fierté, mais aussi avec beaucoup d’humilité que je me vois confier aujourd’hui la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
En cet instant, mes pensées se tournent avec respect vers Dick Ukeiwé, premier président du Congrès du Territoire en 1985, et vers Simon Loueckhote, premier président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie en 1999, qui ont exercé cette responsabilité à des moments fondateurs de notre histoire.
Je mesure pleinement l’honneur qui m’est fait, mais plus encore la responsabilité qui m’incombe au moment où notre territoire traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.
Avant toute chose, je souhaite exprimer ma gratitude en remerciant très sincèrement celles et ceux qui m’ont accordé leur confiance.
Je pense naturellement au groupe Les Loyalistes. Chère Sonia, cher Gil, cher Nicolas, avec qui nous avons su construire une union à l’occasion des élections provinciales.
Je remercie également les dirigeants de L’Éveil océanien, cher Milakulo, chère Veylma, avec lesquels nous avons choisi de bâtir une majorité de reconstruction et de relance.
Ensemble, nous avons fait le choix de la responsabilité pour offrir à la Nouvelle-Calédonie la stabilité dont elle a tant besoin.
Notre ambition est claire : remettre notre territoire sur le chemin du redressement.
Nous devons reconstruire nos outils économiques, réparer notre tissu social et restaurer la confiance. C’est une condition essentielle, car aucune société ne peut bâtir son avenir lorsque le doute mine les esprits et que l’instabilité des institutions compromet l’action publique.
Alors que les échéances nationales de 2027 rendent l’horizon calédonien plus incertain, notre institution doit incarner la stabilité. Elle doit être un lieu de responsabilité, où l’on décide, où l’on agit et où l’on fixe un cap clair.
Je souhaite m’adresser aux élus indépendantistes de cet hémicycle.
Chers collègues, soyez assurés de toute ma considération. J’ai le plus grand respect pour celles et ceux qui portent des convictions différentes des miennes et je suis attachée à ce que chacun puisse exprimer librement sa pensée.
Nos convictions diffèrent profondément sur l’avenir institutionnel, c’est une réalité. Mais cette réalité ne nous empêche pas de nous respecter, de nous écouter et de travailler ensemble lorsque l’intérêt général l’exige.
Permettez moi, à l’occasion de cette prise de responsabilité, de partager avec vous un court extrait du manifeste du Rassemblement, mouvement fondé en 1977 et auquel j’appartiens depuis toujours.
« Si nous savons nous rassembler sur l’essentiel et oublier les vaines querelles du passé, si nous savons donner le pas aux forces qui nous unissent sur celles qui nous divisent, si nous savons affirmer la personnalité de notre société dans l’union et la compréhension entre toutes les ethnies, nous relèverons ensemble le défi calédonien ».
Ce manifeste résonne encore aujourd’hui avec une force particulière et constitue le socle sur lequel repose mon engagement politique.
Ainsi, je forme le voeu que notre assemblée soit un lieu d’échanges constructifs, de débats dignes et de décisions utiles. Les Calédoniens attendent de nous davantage que des oppositions. Ils attendent des réponses.
Ils attendent que nous soyons capables de dépasser nos divergences lorsque leur quotidien est en jeu.
Ils attendent que nous soyons à la hauteur de la confiance qu’ils nous ont accordée.
J’aurai également à cœur, durant ce mandat, d’entretenir une relation de confiance avec les autres collectivités :
– les provinces qui sont des piliers de notre architecture institutionnelle,
– les communes, le visage le plus immédiat de l’action publique.
Le Conseil économique, social et environnemental et le sénat coutumier sont également nos partenaires de travail.
Mais, je souhaite surtout une étroite collaboration avec le Gouvernement afin que l’exécutif et l’assemblée délibérante travaillent dans un esprit de coopération exigeante, de respect mutuel et d’efficacité au service de nos concitoyens.
Je veux, à ce titre, saluer le président du Gouvernement, Alcide Ponga, et le remercier pour son engagement sans faille au service de la Nouvelle-Calédonie, dans un contexte de crise sans précédent, où les marges de manœuvre financières de nos institutions sont réduites à leur plus simple expression.
Je souhaite également rendre hommage à Veylma Falaeo, qui a présidé nos travaux avec sérénité, dignité et sens des responsabilités durant ces deux dernières années.
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est une institution unique dans la République.
Unique par son histoire.
Unique par sa composition.
Unique par les responsabilités qui sont les siennes.
Cette singularité est une richesse. Elle nous oblige.
Elle nous oblige à être dignes de l’histoire que nous écrivons ensemble.
Nous avons hérité d’une terre exceptionnelle, mais aussi d’une histoire complexe.
Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous avons la responsabilité de construire l’avenir.
Je souhaite que nous trouvions, au plus profond de nous-mêmes, le courage de dépasser ce qui nous oppose pour préserver ce qui nous rassemble : notre attachement à la Nouvelle-Calédonie, notre volonté de servir ses habitants et notre devoir envers les générations qui nous succéderont.
Je pense particulièrement à notre jeunesse.
Elle nous regarde.
Elle nous observe.
Elle attend de nous des actes plus que des paroles.
À nous de lui redonner confiance, de lui offrir des raisons de croire en son avenir ici, sur cette terre.
À nous de montrer que la politique peut encore rassembler, protéger et préparer demain.
Pour finir, permettez-moi une pensée plus personnelle. Je voudrais remercier ma famille, en particulier mon mari, mes deux fils ainsi que mes parents.
Leur soutien, leur affection et leur confiance m’accompagnent chaque jour dans les responsabilités qui me sont confiées. Je leur en suis profondément reconnaissante.
Mes chers collègues,
Les Calédoniens n’attendent pas de nous que nous soyons d’accord sur tout. Ils attendent de nous que nous soyons capables d’agir.
Ils n’attendent pas de nous des postures.
Ils attendent des résultats.
Alors faisons en sorte que ce mandat soit celui de la responsabilité, de la stabilité, du dialogue et de l’action.
Parce que servir la Nouvelle-Calédonie est plus qu’une mission.
C’est un engagement.
Et aujourd’hui, devant vous, je prends cet engagement avec humilité, avec détermination et avec confiance dans l’avenir de notre territoire.
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